Cheikh Moussa Kamara, historien du Fouta-Toro
1864 – 1945 · Ganguel Soulé
Cheikh Moussa Kamara, né vers 1864 et rappelé à Dieu en 1945, est un grand érudit musulman du Fouta-Toro. Il enseigne les sciences islamiques à Ganguel Soulé, sur le fleuve Sénégal, où il fonde un daara. Entre 1920 et 1925, il rédige en arabe le Zuhūr al-basātīn (« Les fleurs des jardins »), une vaste histoire des peuples noirs musulmans de plus de 1 800 pages. Il y réunit les traditions du Fouta-Toro, de la Mauritanie et du Fouta-Djalon, après avoir interrogé les anciens et les familles, et il porte un regard critique sur certaines guerres saintes du XIXe siècle et sur le système des castes. En 1935, à l’inauguration de la cathédrale du Souvenir africain à Dakar, les chefs religieux musulmans de l’Afrique-Occidentale française le choisissent pour les représenter : il plaide pour l’entente entre les trois religions du Livre. Une partie de ses manuscrits est confiée à l’IFAN de Dakar, auprès de Théodore Monod, dès 1944. Traduite et publiée par le CNRS, son œuvre est l’une des grandes sources écrites de l’histoire de l’Afrique de l’Ouest.
Sources
- CNRS Éditions — Cheikh Moussa Kamara, « Florilège au jardin de l’histoire des Noirs (Zuhūr al-basātīn) », introduction
- Cambridge — « Reading with the colonial in the life of Shaykh Musa Kamara, a Muslim scholar-saint » (Africa)
- Seneweb — « Cheikh Moussa Camara, le saint, le savant et l’érudit de Ganguel (1864-1945) »
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