Aline Sitoé Diatta
Figure de la résistance diola de Casamance (vers 1920 – 1944)
Famille : Lieu de naissance : Nialou, quartier de Kabrousse (Casamance) ; Date de naissance : Vers 1920 ; Mère : Silisia Diatta ; Père : Assonelo Diatta (mort durant son enfance)
Formation : Après la mort de son père, elle est élevée par son oncle paternel et grandit dans la tradition diola.
Action : Prêtresse et guide spirituelle, elle initie un mouvement de désobéissance civile non violent fondé sur trois refus : l’impôt, la culture de l’arachide d’exportation et l’enrôlement dans l’armée française. Son pouvoir spirituel, notamment l’appel à la pluie en période de sécheresse, renforce son autorité. En 1941, elle entend des voix l’appelant à libérer son peuple ; en 1942, elle est élue reine de Kabrousse et reconnue comme prophétesse. Elle rétablit la semaine diola de six jours.
Épreuves : Arrêtée en 1943, elle est transférée de prison en prison au Sénégal et en Gambie, déportée à Kayes puis à Tombouctou. Elle est arrêtée avec dix-sept autres personnes.
Héritage : Elle meurt en exil à Tombouctou en 1944. Elle est devenue un symbole de la résistance africaine ; un stade porte son nom, et le rapatriement de sa dépouille reste demandé. Le ferry Dakar–Ziguinchor, un stade et des écoles portent son nom.
Sources
- Persée — Christian Roche, « Chronique casamançaise, le cercle de Ziguinchor pendant la guerre 1939-1945 » (Outre-Mers, 1998)
- Cairn — « Aline Sitoé Diatta » (Africultures / Notre histoire)
- R. M. Baum, West Africa’s Women of God : Alinesitoué and the Diola Prophetic Tradition
- OpenEdition — « La mémoire face à l’Histoire », Les conflits de mémoire au Sénégal (PUR)
- Wikipédia — Aline Sitoé Diatta